HISTOIRE

 
 
Une commune issue de nombreuses fusions 
 
La commune actuelle de Terres-de-Haute-Charente est née progressivement de la fusion de dix petites communes. Le territoire de Roumazières-Loubert était initialement découpé en cinq paroisses (Chantrezac, Laplaud, Madieu, Loubert et Roumazières). Ces cinq communes créées à la Révolution Française ont été réunies une première fois en 1845 avec la fusion de Loubert, Laplaud et Madieu pour n’en former qu’une seule : Loubert.
 
En 1961, cette commune prendra le nom de Loubert-Madieu. En 1971, Roumazières, Loubert-Madieu et Chantrezac fusionneront pour devenir Roumazières-Loubert. 
 
Une cinquantaine d’années plus tard, c’est au tour de Roumazières-Loubert de se regrouper avec ses voisines. Le 1er janvier 2019, les communes de Genouillac, La Péruse, Mazières, Roumazières-Loubert et Suris appartenant au même bassin de vie et d’emplois et animées du même souci de mutualisation, de développement de leurs services de proximité et de promotion de leurs territoires, décident la création de la commune nouvelle Terres-de-Haute-Charente.
 
Cette commune recense aujourd’hui une population totale de 4 082 habitants et s’étend sur un vaste territoire de plus de 8 000 hectares. C’est une commune relativement étendue, qui est constituée de plusieurs petits villages et de nombreux hameaux. Elle recense plusieurs églises, châteaux, logis, chapelles... ainsi qu’un certain nombre de petites constructions relevant du petit patrimoine (puits, lavoirs, pigeonniers, pompes à eau, moulins…) dont les usages marquaient le quotidien d’autrefois. Son patrimoine est diversifié et témoigne de l’histoire du territoire.
 
 
Patrimoine 1
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Histoire 4

Un territoire central 

 

Au carrefour de deux voies romaines

La voie romaine connue sous le nom de Via Agrippa, qui reliait Saintes à Lyon et qui passait par Saint-Cybardeaux, Montignac et Chassenon, traversait la commune d’ouest en est. Ce tronçon de voie était également croisé par une autre voie antique appelée Chemin Ferré, allant de Périgueux à Poitiers, et passant probablement par Charroux. Les deux routes se croisaient précisément au nord du bourg de Suris, au lieu-dit cadastral Les Chaussades.

 

Aux frontières de l’Angoumois et du Limousin

Territoire agricole, l’élevage porcin et bovin représentait une activité prédominante sur la commune. Du fait de son emplacement central, à la limite de deux régions d’économies différentes, l’Angoumois et le Limousin, la commune a longtemps abrité d’importantes foires aux bestiaux, reconnues dans la région. Dès le milieu du XVIIème siècle, des foires mensuelles ont lieu à Suris et au Pont Sigoulant, qui sont alors des lieux d’échanges et de commerce notables. 

 

Un noeud ferroviaire important 
 
La commune constituait un carrefour ferroviaire historique dans le réseau ferré régional. La gare de Roumazières-Loubert représentait alors une gare particulièrement importante compte-tenu de la taille de la commune. Dès la fin du XIXe siècle, en 1875, elle est traversée par la ligne Rochefort-Saintes-Angoulême-Limoges. Une ligne Roumazières-Confolens est ouverte deux ans plus tard. Fermée en 1940, elle a été entièrement réhabilitée par l’association du Chemin de Fer de Charente Limousine. Aujourd’hui elle permet la circulation d’un train touristique de voyageurs baptisé l’Express de Charente-Limousine et héberge une activité de vélorail. 
 
Également, pendant la première moitié du XXe siècle, la commune sera desservie par deux autres voies : une petite ligne ferroviaire d’intérêt local à voie étroite qui reliait Angoulême à Roumazières en passant par Montbron, surnommée le Petit Mairat, et une ligne qui reliait Roumazières à Ruffec. 
 
Toutes ces voies ferrées ont permis d’éviter l’isolement de la population rurale et de contribuer à l’essor économique du territoire. A noter que lors des travaux de terrassement de la première ligne ferroviaire, l’ingénieur Eugène Polakowski découvrit un important bassin d’argile, qui permettra à la commune de devenir une cité tuilière de renommée internationale.
 
Patrimoine industriel 1
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L'industrie tuilière 
 
Le développement d’une partie de la commune est essentiellement lié au moteur économique de l’industrie tuilière. La commune demeure l’un des principaux sites de production de matériaux en terre cuite sur le sol français, notamment du fait de la présence d’une ressource géologique exceptionnellement importante et disponible, l’argile.
 
Plusieurs fabriques mécaniques exploiteront l’argile pour la production de tuiles et de briques sur les communes de Genouillac et Roumazières-Loubert. Les communes voisines quant à elles abriteront de nombreuses carrières d’extraction de sable et d’argile, qui permettront d’alimenter les usines tuilières, pendant tout le XXe siècle et encore aujourd’hui.
 
Le développement de la commune tient à la richesse de cette histoire industrielle qui a constitué le moteur de son attractivité économique et démographique. En 1970, une tuile française sur trois était fabriquée à Roumazières-Loubert. Une importante main d’œuvre étrangère, notamment portugaise, a été nécessaire à l’expansion de ces usines. Cette communauté étrangère est encore largement présente sur le territoire et constitue une mixité qui fait la richesse culturelle de la commune. 
 
De ce patrimoine industriel découlent des éléments architecturaux notables, qui façonnent l’identité du territoire. Parmi les patrimoines emblématiques, on peut citer les « mureuses » ainsi que les cités ouvrières qui rythment les paysages des bourgs et des hameaux anciens. Aujourd'hui subsistent deux grands groupes, Terréal et Monier qui emploient environ 600 personnes. La production massive a sans doute un peu oublié le détail esthétique ces dernières années, mais a vu l’apparition des tuiles vernissées et émaillées de couleurs variées.